22/06/2009

Le sang des iraniens

Le régime iranien a donc décidé de noyer dans le sang la révolte de sa population au lendemain de la publication des résultats controversés du scrutin du 7 juin. Il a aussi choisi le huis clos, l’arrestation des opposants, la violence à l’égard de toute velléité de contestation.

La population iranienne cherche à se libérer du joug de la dictature qui prévaut à Téhéran depuis trois décennies. Elle demande la transparence et la vérité sur les accusations  de fraude en faveur du  président sortant Ahmadinejad. Elle réclame aussi la fin de la dictature. Ces requêtes sont légitimes et méritent le soutien de tous les démocrates.

Je suis très admiratif  du peuple iranien, de son audace, de son combat pour les libertés.

Le régime iranien montre une fois de plus qu’il est non seulement dangereux pour la sécurité  du monde mais aussi dangereux pour son propre peuple.

Le  gouvernement belge doit  convoquer l’ambassadeur d’Iran à Bruxelles pour lui exprimer notre vive protestation quant à la brutalité de la répression et pour lui demander que cessent les arrestations, l’interdiction faite aux médias de couvrir les évènements et les brutalités à l’égard des manifestants.

Le gouvernement belge ne doit  pas reconnaître les résultats du scrutin sans qu’un recomptages indépendant ait eu lieu et doit proposer une réaction collective des 27 membres de l’Union Européenne. Cette réaction doit notamment inclure l’accueil des blessés cherchant asile dans nos ambassades comme le demande Shirin Ebadi.

 

05/06/2009

vive la campagne!

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Portraits de campagne

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Tian An Men 1989 - 2009

J'étais Médecin Sans Frontières quand le printemps politique chinois de 1989 a tenté d'éclore au coeur de la dictature communiste chinoise. Nous avions le fol espoir de voir la Chine s'ouvrir sur la démocratie et les libertés. Partout en Europe, les dictateurs étaient ébranlés et leurs statues renversées. Le monde changeait vite. Lech Valesa et Gorbachev modifiaient les anciens clivages. Alors pourquoi la Chine se maintiendrait-elle à l'écart?

Et puis dans la nuit du 3 au 4 juin, les chars ont écrasé cette révolution pacifique. Des miliers d'étudiants, de professeurs, de cadres, d'ouvriers ont été sauvagement abattus pour avoir voulu vivre en hommes et en femmes libres, pour avoir simplement demandé qu'on leur accorde les droits énoncés dans la consitution chinoise.

J'étais le responsable desopérations de MSF. Nous avons tenté de secourir les personnes blessées qui se cachaient et n'osaient pas aller dans les hôpitaux. Nous étions en contact avec les étudiants. Mais nous n'avons rien pu faire, nos équipes ont été refoulées. Alors, de concert avec Amnesty International, nous avons organisé une gigantesque mobilisation citoyenne. Des dizaines de miliers de belges ont arboré sur leur maison et sur leur voiture l'article 3 de la déclaration universelle des Droits de l'Homme, en français, en néérlandais et en chinois: "tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne". Cela a sans doute été la plus grande mobilisation pour les droits de l'Homme de ces trentes dernières années en Belgique.

Mais la Chine n'a pas bronché. La population chinoise, qui continue à se battre pour ses libertés nous est pourtant reconnaissante de cette mobilisation. Elle continue, via Internet, via ses contacts internationaux, via ses protestations, à faire en sorte qu'enfin bientôt la Chine accède à la démocratie, à la maturité d'une Nation qui respecte la dignité de ses citoyens. Ce combat pour les libertés, pour le droit et pour la dignité de chaque être humain guide chaque jour mon action politique.

03/06/2009

Le 8 juin

Bien sûr, dès le 8 juin, les partis qui auront gagné les élections tenteront de former des accords de gouvernement pour les régions et les communautés du pays. Il faudra trouver des majorités fortes, cohérentes, capables d'affronter les défis régionaux: éducation, emploi, environnement, énergie, bonne gouvernance,... Je me bats pour que le cdH en soit. Parce que je suis convaincu que nous avons un excellent bilan et que nous devons poursuivre les efforts entamés sous la législature qui s'achève.

Au niveau européen, les 734 nouveaux députés apprécieront les nouveaux rapports de force entre les principaux partis. Des raliements et des défections auront lieu. Chacun des grands partis aura ses "infréquentables" pour reprendre un terme à la mode. Des eurosceptiques, des nationalistes ou des populistes. On nous en annonce en progression dans plusieurs pays. Il faudra vérifier à quel point ces "infréquentables" ne corrompent pas l'identité même de leur parti. Et agir en conséquence.

Ces députés européens se choisiront un nouveau président du Parlement et approuveront, ou non, la nouvelle Commission proposée par le Conseil. Ils devront affronter les défis importants que constituent la crise économique et financière, la crise climatique et la ratification du Traité de Lisbonne.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, les dossiers les plus chauds, les plus explosifs, les plus immédiats pour les Belges sont ailleurs. Ils sont principalement du ressort du gouvernement et du parlement fédéral belge. Deux questions incontournables et monumentales seront sur la table des responsables fédéraux dès le 8 juin: la gestion de la crise économique et sociale avec un budget de l'Etat dans les chaussettes et l'avenir institutionnel de la Belgique avec un dossier BHV qui risque bien d'exploser au Parlement dans les mois qui viennent.

Il faudra beaucoup de sang froid, de sens de l'intérêt général, de volonté de préserver l'avenir et la prospérité du pays aux responsables politiques à tous les niveaux pour éviter l'embardée. De nouvelles élections fédérales ne représentent pas une solution par rapport à ces deux dossiers chauds, chauds, chauds. Cela créerait une nouvelle (longue) période d'incertitude et cela profiterait au courants séparatistes du nord du pays. Cela ne résoudrait rien. Ce que les citoyens attendent ce sont des responsables politiques qui assument des décisions difficiles pour le bien-être de l'ensemble de la population sans créer d'instabilité supplémentaire. Au cdH, c'est notre ligne de conduite.

31/05/2009

L’empire des sens

Bruxelles, place Magritte ce samedi était une fête de l’imaginaire, de la poésie, de la dérision. La place royale débaptisée, les rues étaient rendues aux piétons. En hommage au surréalisme, le ciel bleu tacheté de petits nuages blancs reflétait précisément les ciels des toiles de Magritte qui recouvraient les moindres fenêtres de la place de la Monnaie. Les mêmes bleus, les mêmes petits nuages potelés. Comme si Magritte, météorologue génial avait prévu dans les années trente, le temps qu’il ferait le jour de l’inauguration de son musée.

Des saynètes et un spectacle qu’on ne peut imaginer que chez nous rappelaient partout l’univers du peintre : hommes et femmes en noir au chapeau melon et parapluie noir flottant sur les marches de  la statue équestre de Godefroid de Bouillon, accrochés aux réverbères, marchant sur des chaises en bois blanc, exécutant mystérieusement un tango syncopé.

Des pianos immaculés décorés de chandeliers argentés étaient perdus au milieu de la foule, attendant leur pianiste. Un grand cadre doré et penché magnifiait le paysage mouvant derrière lui. Un spectacle étrange, itinérant et dansant voyageait à travers un public ému, ravi, subjugué. Tout était rêveries, tendresse, légèreté. Notre promenade nous amena jusqu’à la Grand-Place qui swinguait sur les accords du Bert Joris Jazz Quartet, contrebasse, guitare sèche, piano, batterie.

Partout, les senteurs du printemps se mêlaient aux parfums des glaciers, aux effluves de bière blonde aux terrasses des bistrots, à la chaleur de la ville lumineuse, à la fraicheur des fontaines. Des amoureux comme s’il en éclosait par génération spontanée sur les bancs publics voulaient arrêter le temps de ce mois de mai 2009. J'étais seul à penser aux élections. Jour j-8. Cette échéance paraissait aussi surréaliste que les tableaux de Magritte. Dans le Parc Royal, la langueur des amants emmèlés sur les pelouses soignées au cordeau finissait de m'étourdir. Bruxelles bruxellait.

26/05/2009

Open VLD : la politique du pompier-pyromane

Notre Ministre des Affaires Etrangères, Karel De Gucht (Open VLD) a réuni aujourd’hui des chefs d’entreprise pour redorer l’image de la Belgique. Petits fours, tralala et salons ouatés. Bien. Tout le monde s’est entendu pour dire que l’image de la Belgique était écornée suite aux dissensions communautaires. Il parait que des observateurs peu attentifs en Asie, en Amérique et ailleurs en sont à imaginer que Bruxelles, c’est Bagdad et que le climat des affaires (celles dont on parle dans les gazettes à la rubrique politique intérieure) en Belgique n’est pas top pour faire de bonnes affaires(celles dont on parle dans la rubrique économie) . Bon, on est un peu surpris que ça fasse l’objet d’une nouvelle réunion, vu que le gouvernement fédéral a lancé une campagne de marketing en faveur de la Belgique il y a plus d’un an lorsqu’on savait déjà (et oui) que notre image palissait.

Mais le plus cocasse (ou le plus navrant, c’est selon), c’est que notre Ministre des Affaires Etrangères sonne l’alarme le jour même où son complice Marino Keulen (Open VLD) annonce qu’il est hors de question de revoir le wooncode qui est jugé discriminatoire par le Conseil de l’Europe. Cette instance qui veille sur nos libertés vient de rappeler à la Flandre ses préoccupations et le risque que prennent la Flandre et la Belgique de se voir condamner. Et puis ce bon Marino vient aussi de déclarer illégal l’envoi de convocations électorales dans leur langue aux francophones de Rhodes-saint-Genèse. Et je vous épargne les épisodes précédents qui avaient déjà gravement nuit à l'image d'une Belgique bonhomme et sympatique.

Cher Monsieur De Gucht, si vous voulez vraiment restaurer l’image de notre pays, - et je préfère vous croire sincère -, de grâce, respectez nos libertés, envoyez votre collègue s’excuser auprès du Conseil de l’Europe (à genoux, cela lui fera les pieds) et faites en sorte que la Belgique ne soit plus le dernier pays européen à n’avoir pas ratifié la Charte sur la protection des minorités. Ne tentez pas d'éteindre le feu que vos collègues de parti allument encore tous les jours. Empêchez les incendiaires.

22/05/2009

Terminal low cost (suite)

Dimanche dernier, en marge de la manifestation organisée par les riverains à l'aéroport de Zaventem à laquelle je participais, j'ai été faire un petit tour sur le chantier du nouveau terminallow cost. Il fallait grimper sur une échelle pour en apprécier toute l'ampleur, car de solides parois opaques de 4 mètres de haut cachaient l'étendue des travaux au public. On comprend pourquoi. L'espace est gigantesque, c'est véritablement un nouvel aéroport qui est en construction, avec plusieurs milliers de mètres carrés, un état d'avancement qui permet d'imaginer une opérationalisation rapide, une finition soignée. Ce nouvel aérogare offre des services auxquels n'ont pas droit les passagers des compagnies classiques: comptoirs d'enregistrement juste à la sortie de la gare SNCB, procédures simplifiées, embarquement à quelques dizaines de mètres de l'enregistrement (fini les kilomètres de couloirs souterrains des autres terminaux), reception des bagages très rapide,... Tout ça pour un prix imbattable!

Sauf que les autres compagnies grognent (à juste titre) et viennent de le faire savoir san ambiguïté, que plusieurs communes bruxelloises ont décidé d'attaquer en justice car ce chantier est illégal (pas d'étude d'environnement, pas de permis de construire) et que je compte à nouveau (et inlassablement) interpeller Etienne Schoupe, le Ministre des transports à ce sujet en Commission de l'infrastructure de la Chambre.

19/05/2009

Désordre au large de la Somalie

Aujourd’hui en commission réunies de la Défense et des Relations extérieures de la Chambre, nous avons débattu du déploiement de détachements militaires belges à bord de navires marchands lorsqu’ils passent au large des côtes somaliennes qui regorgent de pirates hyperactifs.

Je ne vais pas vous faire le compte rendu du débat qu’on peut lire sur le site de la Chambre.

La Belgique en envoyant sur place la frégate Louise-Marie et deux détachements qui peuvent prendre positions sur les navires marchands belges qui le souhaitent a une attitude proactive compréhensible par rapport à la gravité du phénomène et aux risques pour le commerce international et le commerce belge en particulier mais aussi en raison de l’attaque de bateaux humanitaires par les pirates.

Il faudra bien sûr trouver des solutions structurelles au chaos et à la violence endémiques qui règnent en Somalie depuis 25 ans. Mais pour avoir été plusieurs fois en Somalie comme médecin sans frontières, je pense que ça prendra du temps.

Ce qui n’empêche pas de s’y attaquer tout de suite en tentant de consolider l’embryon de gouvernement en place à Mogadiscio.

Par contre, on ne peut que regretter la confusion et la dispersion qui règnent dans la réponse internationale à la piraterie dans le golfe d’Aden.

Il y a en même temps et sur la même zone un déploiement de l’OTAN (Maritime Standing group), une opération de l’Union européenne (Atalante, dont fait partie notre frégate Louise Marie),  des stratégies individuelles de certains pays européens mettant des soldats sur les navires marchands  (Belgique, France,…) , des interventions autonomes d’autres états  (Chine, Etats-Unis,…), une opération de l’OUA autour de Mogadiscio, les interventions de firmes de sécurité privées comme Aart Security, la présence de l’armée éthiopienne ,…

 

Bref, une implication forte d une myriade d’acteurs publics, privés, nationaux, européens, ou internationaux qui opèrent dans la confusion la plus totale sur le plan de la stratégie et du commandement.   

17/05/2009

On est peu de chose

Aujourd’hui, devant l’ambassade de Birmanie à Bruxelles, colère et recueillement en hommage à Aung San Su Ki à nouveau martyrisée par la junte birmane. 

Tous les partis politiques étaient représentés. J’y étais pour le cdH.

Après les discours, Isabelle Durant se tourne vers moi et désigne un personnage visiblement important en costume, bien en chair, à la jolie cravate rose : « qui est-ce ?, c’est Bart de Wever ? », me demande-t-elle.

Je regarde notre homme qui est en discussion à quelques mètres du petit podium improvisé sur le trottoir  « Non, c’est Marc Tarabella, le Ministre Wallon » lui dis-je.

Et Isabelle Durant, confuse, de répliquer : « Oui, bien sûr ».

Petite morale de cette histoire amusante, au choix :

1. si même certains présidents de parti ne connaissent pas les Ministres Wallons, on ne peut vraiment pas en vouloir aux citoyens de se perdre dans les méandres de nos institutions.

2. Marc Tarabella doit porter un badge « Je ne m’appelle pas Bart de Wever »

3. A quand moins de ministres et moins de gouvernement

4. Bart de Wever doit porter un badge « Marc Tarabella, c’est l’autre. »

15/05/2009

Week-end de campagne

Inscrit à mon agenda pour ce week-end: vendredi soir:souper du cdH de Binche et soirée "spécial enseignement" à Woluwé-Saint-Lambert. Samedi matin: marché de Stockel, journée sur les maternités sans risque à Uccle. Le midi, barbecue à Boussu en Fagnes. A 13 heures manif devant l'ambassade de Birmanie pour la libération de Aung San Su Khii. Puis j'organise une visite du parlement fédéral à 14 heures avant de filer à une manif des riverains à l'aéroport de Zaventem; à 17 heures c'est aussi l'inauguration des nouveaux locaux du cdH de Waremme puis en soirée barbecue (encore) à Louvain-la-Neuve et petite fête chez des copains à Linkebeek. Enfin dimanche c'est la fête des familles et l'anniversaire du cdH à Monceau-sur Sambre et puis j'irai peut-être faire un petit tour au marché de Boisfort. Je termine par un café-politique chez Pierre Defraigne, ancien directeur général de la Commission européenne et président de la fondation madariaga, en compagnie de Joëlle Milquet, Clotilde Nyssens et Vanessa Matz. Et en bouquet final, petite réunion avec les autres candidats bruxellois chez Joëlle Milquet.

Oups! Pas sûr que j'y arriverai, d'autant que ce soir c'est l'anniversaire de ma petite Lise.

13/05/2009

Didier Donfut

Dans l'affaire "Didier Donfut", plusieurs journeaux ont écrit qu'il n'y avait rien d'illégal et qu'il s'agissait "simplement" d'un problème de déontologie (un Ministre devant se consacrer entièrement à sa charge ministérielle et les revenus provenant d'IGH étant indécents). C'est un petit peu surprenant dans la mesure où plusieurs lois et règlements pourraient avoir été violés:

1. que je sache, il n'y a pas eu d'appel à la concurrence entre plusieurs sociétés de consultance avant la passation du marché. La loi sur les marchés publics n'a donc pas été respectée; cette loi s'applique pour n'importe quelle somme et à fortiori pour 143.000 € par an;

2. les prestations fournies sont extrêmement ténues pour ne pas dire nulles, à tel point que la CREG a refusé de rembourser l'IGH pour ces dépenses depuis 2005. Il s'agit donc d'une surfacturation qui s'apparente à un détournement de fonds;

3. il y a pour le moins confusion d'intérêts, le Ministre défendant à la fois ses intérêts privés, ceux de l'intercommunale IGH et ceux de la Région Wallonne;

4. ce mandat n'a pas été mentionné dans la déclaration obligatoire de mandats.

En outre le contrat liant IDEE à IGH (voir le PDF sur le site de La Libre) est curieusement établi, personne à IGH n'ayant autorité pour donner la moindre instruction au consultant d'IDEE! Il travaille "en totale indépendance" et on n'a rien n'a lui dire... On rêve.

09/05/2009

9 mai journée de l'Europe

C'est une bonne occasion pour relire la Charte des Droits Fondamentaux qui deviendra contraignante lorsque le Traité de Lisbonne sera ratifié:

"Les peuples de l'Europe, en établissant entre eux une union sans cesse plus étroite, ont décidé de partager un avenir pacifique fondé sur des valeurs communes. Consciente de son patrimoine spirituel et moral, l'Union se fonde sur des valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d'égalité et de solidarité; elle repose sur le prinicpe de la démocratie et de l'Etat de droit. Elle place la personne au coeur de son action en instituant la citoyenneté de l'Union et en créant un espace de liberté, de sécurité et de justice."

Il reste à espérer et à convaincre le Président tchèque, le Président polonais et le peuple irlandais de ratifier ce texte et l'ensemble du Traité qui l'accompagne. Ce serait enfin une très bonne nouvelle pour l'Europe et les européens.

08/05/2009

Il y a 64 ans, les Alliés obtenaient la reddition de l'Allemagne nazie

Le 8 mai n'est plus un jour de congé dans les écoles depuis longtemps déjà. Peu de jeunes peuvent énoncer la signification de cette date. Dommage, la seconde guerre mondiale a fait 64 millions de victimes. Pour la première fois dans l'histoire des guerres, une majorité de ces victimes étaient des civils. Elle est liée à une des idéologies les plus monstrueuses de l'histoire humaine, responsable entre autres de l'holocauste de 6 millions de juifs et de centaines de milliers de tziganes. Elle a vu la destruction d'une bonne partie des villes d'Europe centrale. Elle a été le théatre de l'utilisation des armes les plus folles, entre autres de deux bombes atomiques. Elle a laissé des séquelles et des blessures profondes durables dont la moindre n'est pas la division du continent jusqu'en 1989. Elle a aussi donné naissance au fabuleux projet que constitue l'Union des peuples d'Europe. Ce projet qui aujourd'hui patine par l'inconscience ou l'égoïsme de certains.

J'ai passé quelques heures cet après-midi avec d'autres députés dans la salle de la séance plénière de la Chambre avec des survivants de la Shoa, de la résistance et de l'armée belge dans un dialogue avec des jeunes du nord et du sud du pays. Pour redire que la paix ne va pas de soi et que l'Union Européenne nous a apporté, outre une évidente prospérité, la plus longue période de paix qu'a connue notre pays depuis 700 ans. Pour parler aussi des idéaux partagés de démocratie, de refus de la haine de l'autre, de libertés et de droits égaux pour tous. Ca nous a tous fait du bien. Il faut dire que cela nous changait un peu du poto-poto politique habituel.

06/05/2009

Terminal Low Cost

Devinette : dans quel pays au monde un opérateur aéroportuaire met-il discrètement la dernière main au développement d’un terminal « low cost » à moins de 50 km d’un autre terminal « low cost » et à moins de 80 km d’un troisième ? Qui plus est, à quelques centaines de mètres d’une ville d’un million d’habitants désespérés par les survols permanents de ses quartiers ? Facile, c’est chez nous, en Belgique, à Zaventem, pas loin de Gosselies et à une encablure de Bierset. Dingue. Et de plus, cet opérateur fait ça en stoemelincks avec la complicité de la région flamande et d’un certain Monsieur Schouppe. Qui prend tout le monde pour des idiots : il soumet il y a quelques jours à ses collègues du gouvernement fédéral un projet d’Arrêté Royal visant à permettre à l’aéroport d’appliquer des tarifs réduits à certaines compagnies… tout en prétendant qu’il ne s’agit pas de favoriser le développement de compagnies « low cost ». Pas de chance pour lui, son collaborateur a transmis pour analyse (et, espère-t-il, approbation) l’AR en question par e-mail aux autres cabinets ministériels en oubliant de retirer la mention LCT qui figurait en titre de l’attachment. LCT pour… Low Cost Terminal! Le cabinet de Schouppe jure que ça veut rien dire ou que ça veut dire autre chose mais ne sait plus très bien quoi. Dingue, je vous dis. Le cabinet Milquet a bloqué, suivi par les autres cabinets francophones. J’interpelle le Ministre Schouppe à la Chambre à ce sujet dès qu’il vient en Commission. Ce terminal est insensé : il représente une nuisance inutile, une concurrence stupide par rapport à Liège et Charleroi, un projet construit dans la totale illégalité (pas de permis), un pied de nez méprisant pour les bruxellois. Ces avions supplémentaires survoleront à coup sûr Bruxelles puisque les destinations des vols seront celles du soleil. Tout cela au moment où l’on prédit un tassement des vols aériens pour cause de crise et de respect de l’environnement. Mais certains  n’en ont cure. Je ne vais pas leur simplifier la vie.

05/05/2009

Grippe américaine et grippe saisonnière

Wanted : A/H1N1. Son portrait robot circule sur nos écrans : grosse boule hérissée de picots mortifères, agressive, sans foi ni loi, pas de vaccin disponible, aime voyager, s’attaque indifféremment aux humains, aux cochons, aux oiseaux, ricane. Bref, grosse galère. Il infecte, il danse, il tue quelques fois. Tous les virologues que compte la planète sont sur la brèche. On signale déjà sa présence au Mexique, aux Etats-Unis,  en Allemagne, en  Autriche, au Canada, en Espagne, en Israël, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suisse. Donc, c’est la pandémie. Personne ne peut encore dire si ce nouveau venu est la dernière plaie d’Egypte, le cataclysme infectieux que certains prédisent pour prix de nos comportements erratiques. Trop tôt, mais chacun y va de son petit scénario. Il peut muter, se renforcer, se liquéfier, s’envenimer. Les derniers bulletins de l’OMS (chapeau à cette organisation des Nations-Unies très professionnelle) sont rassurants : le salopard semble déjà s’essouffler. Il court toujours aussi vite mais sa virulence s’estompe. Il sait qu’il est guetté, harcelé, mis en quarantaine aux 4 coins de la planète. Il se la ramène déjà moins. Il joue le sympa. Méfions nous quand même. Le virus de la grippe espagnole, un ancien cousin de notre lascar avait le même profil au printemps 1918. C’était aussi un H1N1 pas méchant en provenance de Chine, petite grippe, on tousse, on renifle. Et puis à l’automne de la même année, il repasse, se renforce en Amérique et se déchaine. Bilan : de 40 à 60 millions de morts. Soit l’épidémie la plus dramatique de l’histoire humaine, avec une mortalité trois à quatre fois supérieure à celle de la première guerre mondiale (13 millions de morts). Parmi les victimes célèbres : Guillaume Apollinaire et Egon Schiele. On n’en est évidemment pas là, et ce nouveau microbe pourrait bien se la jouer profil bas ou pas plus méchant que la grippe saisonnière. A ce sujet, il y a quelques semaines, j’avais interrogé à la Chambre notre Ministre de la santé sur la mortalité de l’épidémie qui a sévit l’hiver dernier en Belgique : les chiffres n’étaient pas encore totalement agrégés mais ce virus a fait plus de mille morts, sans qu’on s’en aperçoive…

04/05/2009

On the road again ...

On the road again ! Le printemps qu’on aime tant nous apporte de nouvelles élections dans ce joli pays qui en est si friand. Et qui dit élections, dit campagne. Et bien sûr, difficile par les temps qui courent de rester sur le banc de touche.

Je « pousse » donc, comme on dit dans le jargon, la liste cdH à la région bruxelloise (dernier suppléant !) et je suis 1er suppléant à l’Europe (ça c’est du sérieux). Des places de combat,  histoire de ne pas s’ennuyer. Mon objectif : un bon, un très bon résultat, pour que mes idées, mes projets, ma manière de faire de la politique puissent se prévaloir d’une légitimité démocratique plus forte encore.

Vous connaissez l’essentiel de mes combats politiques : un Etat juste, efficace et impartial, une région bruxelloise et une Wallonie qui se redressent dans une Belgique résolument européenne, une attention particulière aux enjeux  qui concernent la dignité de chacun : l’emploi, la santé, la justice sociale et aussi bien sûr, une implication forte dans les enjeux internationaux : le climat, la pauvreté, les droits de l’homme, la paix et la sécurité.  J’aurai bien sûr l’occasion de vous donner plus de détails sur ces sujets dans mon programme et sur mon site internet.

Alors voilà, vous l’aurez compris, je m’adresse à vous aujourd’hui parce qu’avec votre aide, j’ai beaucoup plus de chance d’y arriver. Si chacun de mes amis se mobilise, s’il convainc son entourage, ses voisins, sa famille, ses collègues de porter son vote sur mon nom, ça peut vraiment faire la différence.

Pour en savoir plus sur mon travail parlementaire actuel, visitez le site de la Chambre : http://www.cdh-parlementfederal/

Vous pouvez aussi m’appeler ou m’envoyer un texto ou un courriel si c’est plus simple pour vous. Je compte sur vous, faites moi signe. D’avance un tout, tout grand merci.

Amicalement

Georges Dallemagne

30/04/2009

J'ai volé la liberté

J’ai passé une soirée passionnante avec le lieutenant-général Michel Donnet, vieil homme mince et élancé, héros de la seconde guerre mondiale, ami de la famille. Il est l’auteur d’une des pages les plus belles de l’aviation belge. Fait prisonnier en 1940, à l’issue de la campagne des 18 jours au moment de la capitulation de la Belgique, il réussit à échapper aux Allemands. Avec l’aide de son compagnon de promotion, Léon Divoy, et de nombreux bénévoles agissant toutes les nuits pendant 3 mois dans la clandestinité, il parvient à remettre en état de vol un avion SV-4. Cet appareil en panne et en partie démonté a été remisé par son propriétaire, Thierry d’Huart, dans un hangar du château de Ter Block dans la forêt de Soignes. Dans la nuit du 4 au 5 juillet 1941, et bien que la propriété soit occupée par les Allemands, Léon Divoy et Michel Donnet parviennent à décoller après maintes péripéties, de la prairie du château. Ils atteignent les côtes anglaises et atterrissent dans un champ, à Thorpe-le-Soken (Essex). Ils ont réussi leur évasion et ce faisant, ils ont écrit une des plus incroyables histoires de l’aviation militaire belge. Michel Donnet par la suite s’illustrera comme pilote de Spitfire dans de nombreux combats aériens au-dessus de la Manche pour défendre les côtes anglaises et les convois de navires approvisionnant l’Angleterre. Toujours impressionnant de rencontrer des bonhommes pareils. Michel Donnet a raconté ses aventures dans un livre remarquable « J’ai volé la liberté ».

23/04/2009

Le G 20, une rupture pour la Belgique sur la scène internationale

Le G20 qui s’est réuni pour la seconde fois ce 2 avril à Londres, représente une rupture dans le rôle et la place de la Belgique sur la scène internationale.

Pour la première fois dans l’histoire moderne, la Belgique n’est pas membre d’une instance internationale majeure dont les décisions pourtant, s’imposeront à elle. Cette rupture, car il s’agit bien de l’expression d’une modification profonde de la place de la Belgique sur la scène internationale, est passée inaperçue. Aucun commentateur n’a relevé ce tournant pourtant significatif de notre poids politique dans le monde contemporain. Ce changement est probablement définitif : le XXème siècle fût une parenthèse sans précédent depuis Charles Quint et sans lendemains prévisibles dans l’histoire de notre influence et de notre rayonnement internationaux.

Depuis près d’un siècle, la Belgique était de toutes les grandes initiatives visant à renforcer la gouvernance mondiale et le traitement multilatéral des grands enjeux de la planète, qu’il s’agisse de paix et de sécurité, des rapports économiques et commerciaux, des droits et libertés, de la lutte contre la pauvreté…

Bref rappel,

Avec 7 autres pays, elle a créé en 1889 l ' Union interparlementaire (UIP), l'organisation mondiale des Parlements des États souverains, qui est la plus ancienne des institutions internationales à caractère politique.

Il y a nonante ans, elle fût un des quinze membres fondateurs de la Société Des Nations (1919) avec le Belge Paul Hymans comme premier président. En 1945, la Belgique participe à la Conférence de San Francisco qui lance l’Organisation des Nations Unies (ONU) et la plupart de ses grandes agences comme l’Organisation Mondiale de la Santé et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

La Belgique de Paul-Henri Spaak et de Pierre Harmel est aussi à l’initiative de la construction européenne et fonde avec les autres pays du Benelux, la France, l’Allemagne et l’Italie, la CECA et la Communauté Economique Européenne. Elle est membre fondateur du Traité de l’Atlantique Nord créée pour faire face à la menace soviétique et qui vient de fêter symboliquement son soixantième anniversaire à Strasbourg-Kehl.

On pourrait aussi parler du FMI où la Belgique, membre fondateur, siège au Conseil des gouverneurs et au Comité de Direction. Sa part des voix au Conseil des Gouverneurs  est sensiblement égale à celle de la Chine ou de l’Inde !

Cette liste est loin d’être exhaustive. Elle rappelle simplement l’incroyable déploiement de la diplomatie belge ces cent dernières années et la volonté formidable de notre pays de construire un règlement multilatéral des enjeux de notre temps. L’absence de la Belgique est donc une première, et qu’on ne nous dise pas qu’elle était représentée par les autres Etats européens ou par la Commission Européenne. Les décisions du G20 à Londres ont montré que les grands pays européens n’ont pas défendu les absents. Les Pays-Bas n’ont pas représenté le Bénélux. Les grands pays européens n’ont pas respecté leur parole donnée lors de réunion préparatoire de l’Union Européenne où il avait été convenu que les pays comme la Belgique, l’Autriche ou le Luxembourg n’apparaitraient pas sur une liste de paradis fiscaux étant donné leurs récentes initiatives pour se conformer aux directives de l’OCDE. Par contre, les Anglais, les Américains, les Chinois,… se sont débrouillés pour que leurs paradis fiscaux ne figurent pas sur les listes infamantes. Pour la première fois, donc, la Belgique se retrouve sur le banc des accusés d’une instance internationale majeure où elle n’a pas le droit de siéger et de faire valoir ses arguments. On peut en sourire. Mais reconnaissons que c’est une position désagréable. Les temps changent, la Belgique ferait bien de s’en apercevoir. Sa rente de situation diplomatique pourrait bien se rétrécir d’autant plus rapidement que sa réputation et son image sont écornées par ses querelles internes, sa représentation extérieure complexe, la disparition progressive de ses grandes entreprises transnationales. Le poids politique de la Belgique sur la scène internationale est un indice de sa bonne santé intérieure, de sa prospérité économique, de sa cohésion sociale, de la force de son projet politique. Il est surtout un instrument majeur de notre capacité à peser sur la mondialisation, sur ses valeurs, sur ses règles, sur ses priorités. Et par contrecoups à préserver nos valeurs, notre modèle social, nos droits et nos libertés.